La proximité de la ville de Langres, l'abondance et la limpidité des eaux qui jaillissent de toutes parts, la protection naturelle des vents froids du plateau de Langres, la qualité extrême de la pierre calcaire et des terres alluvionnaires ont engagé à bâtir à Cohons. On y trouve ainsi un riche patrimoine vernaculaire.
Le grand « Escargot » et le Mastaba
En montant tout en haut de la côte, deux escargots, véritables fabriques de jardins apparues au début du XIXe siècle dans les jardins anglais de la région, surgissent. But de promenade ludique ou fonctionnel, ces « fabriques » permettaient de surprendre le promeneur et d'agrémenter sa visite. François Bertrand, propriétaire à Langres, crée à partir de 1808 son jardin anglais grâce aux manouvriers de Cohons : un grand escargot dont la forme carrée et les degrés du cheminement évoquent un « mastaba », tombeau de l'Égypte ancienne. Après 1839, les héritiers Bertrand érigent un monumental escargot circulaire, le plus grand des trois, en utilisant les pierres d'un immense meurger (tas résultant de l'épierrement des champs) disponible à proximité.

Les jardins suspendus
Rue Joyeuse, derrière les grilles, dans le coteau, on aperçoit les jardins suspendus de Cohons (accueil et entrée partie haute, route de Bourg) dans lesquels s'imbriquent un jardin vivrier en terrasses, une promenade romantique, une garenne et sa forêt séculaire, le tout formant sur près de neuf hectares le Clos de la Roche, auquel il faut adjoindre un vaste parc pittoresque de près de deux hectares, le Parc des Escargots de pierre, agrémenté de quelques terrasses et de plusieurs fabriques dont deux monumentaux belvédères de pierre sèche, devenus au fil du temps l'emblème de Cohons et de ses jardins.
→ Site des Jardins suspendus de Cohons
Le jardin à la française et le manoir de Silière
Cet agréable domaine de trois hectares d'une seule pièce, clos de hauts murs, est situé au lieu-dit Silière (du latin Salinaria = lieu marécageux, « en Salieres » en 1247). Il semble avoir été conçu en 1659 par Nicolas Méat, conseiller au bailliage et présidial de Langres. Le « château » offre une façade sur jardin avec deux ailes en retour, donnant sur un vaste jardin ordonné « à la française » montant dans le coteau vers la source de Silière.
L'ensemble est surtout remarquable par son jardin « à la française », élaboré à la fin du XVIIe siècle, que la légende prétend avoir été dessiné par Le Nôtre ou un de ses élèves ! En voici la description en 1684 :
« C'est un lieu orné de fontaines, d'espaliers, de treilles ; à la droite la mesnagerie, à la gauche un verger, le pavillon dans le fond ; la disposition est si belle qu'en ouvrant la porte, on découvre toute la profondeur de ce beau séjour et une infinité d'eaux qui jaillissent depuis la nappe d'eau jusques en la cour en différentes manières, où l'art joint à la nature trouve de quoi satisfaire la curiosité… le jardin a des beautés dissemblables : les unes sont naturelles, d'autres artificielles. Le canal qui court tout le long de l'allée du milieu… »
Ce jardin privé est ouvert à la visite de mai à novembre. → siliere.fr

La fontaine Sainte-Marie
Des 25 sources qui traversent le village, la fontaine Sainte-Marie-du-Mont est sans doute la plus importante de toutes, et surtout la plus visible grâce à sa fontaine. Déjà signalée en février 1236, elle a toujours été réputée pour les vertus thérapeutiques et prophylactiques de ses eaux.
Le monument, en pierre de Cohons, daté de 1778 (probable restauration), présente une voûte en plein cintre sous laquelle sourd l'eau, qui se jette après collectage dans un premier bassin où venaient boire les bêtes, puis dans un plus grand servant de lavoir à ciel ouvert. Au-dessus de la voûte, un édicule en forme d'oratoire, surmonté d'une toiture à deux pans et d'une croix en pierre, présente trois grandes niches en plein cintre : au centre une grande statue de la Vierge Marie, à gauche une sainte Anne portant Marie enfant, à droite un saint Laurent. Un fragment ancien de trinité du XVe siècle est disposé dans le mur à droite de la fontaine. En l'an 2000, la fontaine et ses abords ont été restaurés.
L'ensemble de la fontaine Sainte-Marie (fontaine, lavoir et abreuvoir) est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 24 décembre 1986.

L'église Notre-Dame-de-la-Nativité
L'église de Cohons ne conserve de l'époque de sa reconstruction, vers le milieu du XIIe siècle, que les piliers carrés chanfreinés et massifs de la nef, supportant jusqu'en 1744 les arcs doubleaux d'une voûte primitive en berceau (disparue après cette date), alors que les collatéraux étaient planchetés. Un chapiteau travaillé au trépan, visible en réemploi dans la rue Candrée et provenant très probablement de l'église, confirme cette datation, qu'appuie la présence du premier curé connu, Guichard, dès 1193. Ravagé tout au long des guerres de la fin du Moyen Âge, le chœur a été refait en moellons très probablement au cours du XVe siècle.
Le portail fut réédifié dans le courant du XVIIe siècle en tour-porche, surmonté par une vierge dans une niche moulurée encadrée par deux esses, qu'avait rapportée le curé Anatole Barrillot (1813-1817) après la Révolution. À gauche du portail, l'accès aux combles et aux cloches se fait par une tourelle extérieure hors-œuvre, conservée sans sa toiture d'origine, abritant un escalier à vis du XVIe siècle.
Au XVIIIe siècle, l'ensemble de l'église subit de gros travaux sous l'impulsion de l'architecte langrois Claude Forgeot, au service des chanoines. En 1744, les piliers sont remontés et la voûte est remplacée par une autre en tuf local maçonnée en plein cintre ; deux ans plus tard, les murs du chœur et ses contreforts extérieurs sont entièrement reconstruits en pierres de taille. Enfin en 1748, toute la partie avant-chœur et l'arc triomphal sont restaurés jusqu'à l'entrée des chapelles latérales.
Jusqu'au XIXe siècle, Cohons avait pour annexe Percey-le-Pautel, qui venait enterrer ses défunts au cimetière par le « Chemin des morts » reliant les deux communes.

Les linteaux de l'église
Au fond de la rue du Mont, au niveau de la croisée, un écusson posé sur un cuir daté de 1560, aux initiales O, M et G, B (ou l'inverse), est visible sur la façade, surmonté de trois coquilles Saint-Jacques telles qu'elles sont représentées par exemple dans les armoiries de la famille De Belmont. À côté, un autre grand cartouche sur cuir porte l'inscription « Dominus virtutum nobiscu(s) susceptor noster den(is) Jaco(bus) », tirée du refrain du psaume 46 (45) « Dieu est avec nous » de la Bible : « Le Seigneur des puissances est avec nous ; notre soutien, c'est le Dieu de Jacob ». Au vu de leur message religieux, ces linteaux pourraient provenir soit de l'une des anciennes cures présentes autour de l'église, soit plutôt de l'église elle-même.

Le « Château de la Source »
Demeure construite en 1800 par le chanoine Cardeur de Langres, qui en fait sa résidence secondaire à la belle saison. Remarquablement située au-dessus des jardins du village, elle possède un parc à la mode anglaise et se termine par une demi-tour à son sommet.
La Villa Soleil
Cette agréable demeure, remarquablement située au-dessus des jardins du village, doit son nom à son exposition exceptionnelle. Elle est tout à fait représentative des maisons bourgeoises de Cohons, qu'avaient fait édifier aux XVIIe et XVIIIe siècles les familles aisées de Langres pour venir y passer le temps des vendanges.

Le gîte patrimonial de la Charme
Une petite maison restaurée en gîte, avec son four à pain préservé encore couvert en laves, surplombe les actuels jardins de la Charme. En contrebas s'étend un vaste replat au sol particulièrement fertile, qui servait autrefois à la culture du chanvre (chenevières), ainsi qu'un grand nombre de beaux jardins protégés par un microclimat favorable, dont les fruits étaient jadis vendus par les femmes sur les marchés de Langres.
Le bâtiment mairie-école
La bâtisse mairie-école abrite l'école depuis le début du XXe siècle. Dans la partie basse de la cour de l'école se trouvait autrefois le four seigneurial. En face, de l'autre côté de la rue, une modeste fontaine révèle l'écoulement de l'eau de la fontaine Sainte-Marie en ce lieu.

Calvaire(s)
En bas de la rue Candrée, ce calvaire adossé à une ancienne maison bourgeoise a été dressé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle par Nicolas Perrier et Anne Déchanet (mariés le 27 novembre 1745), et restauré en l'an X (1800-1801) par Nicolas Chareton. Il fait partie de l'ensemble des calvaires périphériques au village, qui délimitaient autrefois l'espace béni et protecteur dans lequel il était permis de construire.
La rue de Longeau
Ces maisons, généralement composées d'une modeste partie habitation et d'une grange selon un modèle répétitif, sont typiques de l'habitat des manouvriers du village. Cette rue parallèle à la rivière surmonte les anciens moulins du village : l'ancien moulin du Chapitre (actuellement moulin Chareton) en contrebas de l'entrée de la rue, mais également les deux moulins de l'évêque de Langres : le moulin du Mai à l'autre extrémité de la rue, et, à l'extérieur du village à mi-chemin sur la route de Longeau, le moulin du Foultot, autrefois précédé d'un étang.

La maison Diderot
Cette maison bourgeoise, déjà connue au XVIIe siècle dans la rue de la Mocquerie (aujourd'hui rue Jean-Garnier), abrite une cheminée de la même époque, dont le manteau ouvragé fait environ deux mètres. La maison a été achetée en 1705 par le coutelier langrois Didier Diderot, père de Denis (l'encyclopédiste), Denise et Didier-Pierre (chanoine puis grand archidiacre). À la mort du coutelier en 1759, elle restera indivise entre ses trois enfants, mais elle était le plus souvent la résidence du chanoine Didier-Pierre, qui y fit aménager une petite chapelle latérale en 1777.
En réalité, Denis Diderot ne vint que rarement à Cohons, dans cette maison qu'il appelait familièrement « ma chaumière » et qu'il qualifiait de « cellier de nos vendanges et grenier de nos moissons ». Il se faisait par contre expédier régulièrement à Paris « du vin, des légumes et des faisans » de ce petit domaine familial. À la mort de Denis en 1784 et du chanoine en 1787, la maison échut à Angélique, fille de Denis Diderot, mariée à Caroillon de Vandeuil.
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Crédit photo : Office de tourisme du Pays de Langres © Jean-François Feutriez